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Boualem Sansal, Petit éloge de la mémoire:quatre mille et unes années de nostalgie

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lundi 17 septembre 2007, par Amel


Le roman de Boualem Sansal, Petit éloge de la mémoire : quatre mille et unes années de nostalgie, sorti en Janvier 2007, édition Gallimard, est un petit livre qui contient moins de cent-cinquante pages. L’auteur nous conte plus de quatre mille ans d’histoire. En accéléré, à la vitesse d’un cheval au galop, il nous raconte, à la première personne et sur le mode nostalgique de la réminiscence, l’histoire de ces berbères qui peuplèrent l’Algérie. Venus de la lointaine Afrique, les Berbères s’arrêtèrent d’abord en Egypte. Èvocation langoureuse d’une civilisation en dehors de l’Histoire et du temps qui passe, une langue poétique aux accents quasi-nervaliens pour évoquer ce temps suspendu. Puis l’Histoire commence, l’empire égyptien s’effondre et les Berbères reprennent la route pour aller s’installer vers l’ouest, sur la Terre Numide, devenue par la suite le Maghreb. À partir de ce moment, les choses s’accélèrent. Dans un formidable kaléidoscope de sons, d’images et d’odeurs, le lecteur voit défiler des noms et des faits d’armes dont il a vaguement entendu parler mais qu’il ne songeait pas forcément à relier entre eux. Ce sont des peuples qui se succèdent, carthaginois, romains, vandales, byzantins, arabes, turcs, français. Des noms qui resplendissent : Annibal, Massinissa, Jugurtha, Juba, Tacfarinas, Septime Sévère, Apulée, Augustin, Genséric, Kusila, Kahina, Abdelmoumen, Barberousse, Yusuf, Clauzel. Curieusement, l’histoire s’arrête à l’occupation française et si le dernier chapitre s’appelle « le temps présent », l’histoire de l’Algérie indépendante est passée sous silence. Comme si l’Algérie d’aujourd’hui ne pouvait renouer avec son passé, comme s’il y avait entre ce passé plus ou moins glorieux et le pays actuel un irrémédiable fossé. C’est peut-être cette vérité qui apparaît en creux dans ce merveilleux petit livre. Seul bémol à cet éloge de l’éloge, l’emploi de termes familiers que le style général de l’ouvrage ne justifie en rien et qui apparaissent plus comme des fautes de goût que comme des audaces.

référence:http://cultureetconfiture.over-blog.com/article-6432813.html