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Des touristes dans "les restaurants de la pitié"

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vendredi 5 octobre 2007, par Kira

Un ami bénévole m’a récemment parlé de la situation déplaisante des Restaurants de la Pitié et de leurs hôtes à Alger. Ce dernier m’a révélé que ces auberges, destinés initialement aux voyageurs, aux sans abris et aux familles démunies, se voient cette année envahis par des individus qui n’ont que faire du mois sacré du Ramadhan.


En effet, ces établissements ont bénéficié d’un cachet ministériel afin de permettre à leurs gestionnaires d’améliorer la qualité des repas servis. Cependant cette promotion qualitative a attiré nombre de parasites séduits par ces plats chauds et gratuits ! c’est le cas des ouvriers chinois qui peuplent les différents chantiers de construction dans les métropoles algériennes mais aussi des africains clandestins qui ont été sidérés de voir les fast-foods fermer leurs portes durant les journées du mois du jeûne.

Tout ce beau monde vient donc disputer les repas à ceux qui en ont vraiment besoin et n’hésitent pas à jouer des coudes pour se frayer un passage parmi ceux qui attendent depuis des heures. Lorsque les plats sont enfin servis, ces étrangers non-musulmans pour la plupart, commencent à manger avant l’appel de la prière du Maghreb devant les yeux ébahis de leurs voisins de table algériens.

Rappelons qu’avec la crise économique actuelle et l’inflation des prix des denrées alimentaires, ces havres de salut sont devenus une aubaine pour beaucoup de familles algériennes : on y trouve des enseignants, des jeunes venus des 48 wilayas à la recherche de travail à la capitale, des SDF (hommes et femmes) et même des familles entières qui ne peuvent s’offrir des « ftours » dignes de ce nom. Malheureusement ces infortunés sont souvent obligés de côtoyer des dérangés mentaux, des toxicomanes et des mendiants, ce qui peut rendre assez pénible leur unique repas quotidien. Cette année, ils devront se faire également aux africains et aux chinois.


3 Messages de forum

  • Des touristes dans "les restaurants de la pitié"

    5 octobre 2007 02:56, par Yacine
    Je comprends que cela puisse déranger les personnes dans le besoin si la quantité distribuée n’est pas suffisante. La question que je me pose et au sujet de ces "indésirables" : Ces personnes sont-elles là pour profiter d’un repas gratuit ou sont-elles là aussi par nécessité ? N’oublions pas que le mois de Ramadhan est aussi un mois de partage. En France par exemple l’association "Chorba pour tous" distribue pendant ce mois un repas gratuit tous les soirs aux personnes de toute confession et de tout horizons sans distinction. D’ailleur la majorité des personnes qui se présente sous le chapiteau dressé à cet effet ne sont pas de confession musulmanes.

    Voir en ligne : L’association "Chorba pour tous"

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  • C’est vrai que le ramadhan est un mois de piété et de miséricorde pour tous, peu importe la confession, mais il faut faire la distinction entre besoin et profit que quelques uns de nos compatriotes font preuve. Ça a même touché ce qu’on appelle communément "Kouffat ramdan". En fait, ce petit geste de générosité dans ce mois sacré devient une autre image noire que beaucoup montrent. Ces couffins changent de destination et remplissent les ventres déjà pleins de certains. Que faire face à la cupidité ?? Une autre question se pose : dans un pays où l’économie et la politique tendent à une ouverture sur le monde, comment se fait-il que nos restaurants ferment les portes devant des ouvriers venus d’autres pays et qui ne sont pas obligés de jeuner avec nous ? Voilà un pays qui veut accroitre son secteur touristique !!!!

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  • Je suis tout à fait d’accord avec toi Yacine sur le fait que nous devons faire preuve de générosité et de clémence envers tous ceux qui frappent à nos portes. Cependant il faut savoir gérer les priorités : j’estime qu’un compatriote coreligionnaire qui jeûne quotidiennement a plus besoin de ce repas qu’un étranger non-musulman qui se nourrit probablement 02 à 03 fois par jour.

    Et puis les ouvriers chinois sont censés être nourris logés non ? Ils ne viennent donc pas par nécessité comme des centaines de pauvres algériens mais surtout pour la qualité des repas servis.

    Le proverbe local illustre très bien mon point de vue : ما تحل صدقة حتى تكفي العيال" Traduction : l’aumône n’est autorisée que lorsque tes enfants sont rassasiés. Sahha ftourek

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