Exposition sur le poète chilien Pablo Neruda prochainement à Alger
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vendredi 2 mai 2008, par Amel
Une exposition photographique consacrée au militant et poète chilien Pablo Neruda, sous le titre "Evoquer l’absent", se tiendra à partir de samedi 3 mai 2008 à la Bibliothèque nationale d’Alger. Lors de cette exposition, organisée conjointement par l’ambassade de la République du Chili, le ministère de la Culture et la Bibliothèque nationale, une collection de photographies, réalisée par l’artiste photographe Luis Poirot, évoquant quelques moments de la vie du poète, prix Nobel de littérature (1971), sera présentée au public.
Ce poète qui disait :

" Il reste que je ne suis qu’un homme, mais plusieurs vous diront quel homme j’ai été. J’ai toujours lutté pour le peuple et les droits de celui-ci de se gouverner lui-même, j’en ai frôlé la mort plus d’une fois et j’ai même dû me sauver de chez moi pour de longues années. Mais toujours j’ai écrit et aimé la vie. Mon oeuvre a fait le tour du monde et je suis devenu un symbole pour une jeunesse pleine de vie. Les élèves aimeront mon Chant général où je tente de faire sentir toute la beauté du monde. J’aime la vie et le monde. J’ai été heureux dans ma lutte incessante. Notez cher lecteur qu’un film fut fait sur mes relations avec un postier lors de mon exil en Italie, un film merveilleux de tendresse mettant en vedette Philippe Noiret : Il Postino"
Neruda, Pablo (Neftali Reyes)

Biographie du poète :
Pablo Neruda, de son vrai nom Neftalí Ricardo Reyes Basoalto, était un poète chilien, né le 12 juillet 1904 à Parral (province de Linares, Chili), mort le 23 septembre 1973 à Santiago du Chili. Il était d’origine assez modeste. Sa mère, doña Rosa Basoalto, institutrice, meurt un mois après sa naissance. Son père, don José del Carmen Reyes Morales, se remariera en 1906. Son premier apprentissage est la nature Mon enfance, ce sont des souliers mouillés, des troncs cassés / Tombés dans la jungle, décorés par les lianes. C’est la découverte du monde du vent et du feuillage.
De 1910 à 1920, il a fréquenté le lycée pour garçons de Temuco au Chili. À treize ans déjà, il publie ses premiers poèmes et textes en prose. À partir de 1921, il étudie la langue et la littérature française à Santiago et la pédagogie. Il choisit son pseudonyme en hommage au poète tchèque Jan Neruda (1834-1891), et veut devenir professeur de français. Il se fait très rapidement une renommée avec ses publications et des récitals de poésie.
Dès l’adolescence, et pendant ses études dans la capitale Santiago, il écrit avec avidité. Depuis 1923, date de Crépusculaire (Crepusculario), les oeuvres se succèdent au long d’une vie marquée par les voyages, l’errance, l’exil : « Ainsi toute ma vie, je suis allé, venu, changeant de vêtements et de planète. »
En 1927, Neruda entre au service diplomatique. Il devient consul à Rangoon, Colombo, Batavia, Calcutta, Buenos Aires. En 1932, il rentre au Chili, en 1933, il publie Residencia en la tierra (Résidence sur la Terre). À partir de 1935, il est consul en Espagne où il entretient des relations amicales avec Federico García Lorca qu’il avait connu à Buenos Aires et qui aura une influence déterminante sur sa vie et son œuvre, mais aussi avec Rafael Alberti et Jorge Guillén. Après le putsch fasciste de Franco du 18 juillet et l’assassinat de García Lorca, Neruda se fait l’avocat de la République espagnole. Il est révoqué comme consul et commence España en el corazón (L’Espagne au cœur) qu’il publie en 1937 et dans lequel il franchit un pas décisif dans sa démarche. Son chant, de sombre et solitaire, devient solidaire et agissant (Jean-Paul Vidal). La même année, il fonde le Comité hispano-américain pour le soutien à l’Espagne et l’Alliance des intellectuels chiliens pour la défense de la culture. Il fait des voyages au Mexique, à Cuba et au Pérou. Il visite la forteresse inca de Machu Picchu. En 1945, il est élu au Sénat et devient membre du parti communiste chilien.
En 1950, Neruda obtient le prix Staline de la paix.
En 1970, il est nommé ambassadeur du Chili, sous le gouvernement socialiste du président Allende
Le 21 octobre 1971, il reçoit la consécration du prix Nobel de littérature. Dans le discours qu’il prononce à Stockholm, le poète évoque avec tendresse les frères inconnus qui l’aidèrent à franchir les Andes alors que sa tête était mise à prix dans son propre pays (1949). Réaffirmant « qu’il n’y a pas de solitude inexpugnable et que le poète n’est pas « un petit dieu », Neruda se rallie à la prophétie de Rimbaud : « À l’aurore, armés d’une ardente patience, nous entrerons aux splendides villes », en laquelle il voit la proclamation d’un avenir certain.
En 1972, il prononce devant le Pen Club International un discours dénonçant le blocus américain contre le Chili. Géographie infructueuse (Geografía infructuosa, 1972) paraît en mai à Buenos Aires : pressentant sa proche agonie, le poète s’interroge sur sa vie et sur son oeuvre poétique. Renonçant à son poste, il quitte la France le 20 novembre 1972 et rentre au Chili avec Mathilde Urrutia. Son peuple l’accueille triomphalement à Santiago. Ses oeuvres, au fil des ans, n’ont pas cessé de voir le jour, tout imprégnées des péripéties d’une vie tumultueuse et généreuse : « Je déclare ici que personne n’est passé près de moi qui ne m’ait partagé. J’ai brassé jusqu’au coude et rebrassé dans une adversité qui n’était pas faite pour moi dans le malheur des autres. »
En 1973, Neruda participe à la campagne pour les élections de mars en écrivant Incitation au nixonicide et éloge de la révolution chilienne (Incitación al nixonicidio y alabanza de la revolución chilena, 1973) ; tout en chantant l’Océan et Quevedo, il fustige dans de courts pamphlets les « politicards » et les « larrons ». Le 11 septembre, un putsch militaire renverse le gouvernement de l’Unité populaire. Allende est assassiné à la Moneda.
Le 24 septembre 1973, Pablo Neruda meurt à Santiago. Ses obsèques se déroulent en présence de l’armée : des chants jaillissent de la foule, témoignant, par-delà la mort, du pouvoir subversif de la poésie.
Bibliographie :
Electre et Gallimard (Archives)
Influence de la France et de l’Espagne sur la littérature 1997 Caractères
Vingt poèmes d’amour et une chanson désespérée 1998 Gallimard
Né pour naître 1996/1996 Gallimard
La centaine d’amour 1995 Gallimard
J’avoue que j’ai vécu 1997 Gallimard
Les vers du capitaine 1984 Gallimard
Chant Général 1984 Gallimard
La rose détachée et autres poèmes 1982 Gallimard
Les premiers livres 1982 Gallimard
Les premiers livres (vers et proses) 1979 Gallimard
Splendeur et mort de Joaquim Murieta 1978 Gallimard
Mémorial de l’île noire 1977 Gallimard
Odes élémentaires 1974 Gallimard
L’épée de flammes 1973 Gallimard
Incitation au nixonicide et Éloge de la révolution chilienne, 1973 adaptation de Marc Delouze (Éditeurs français réunis).
Résidence sur la terre 1972 Gallimard
Les pierres du ciel, 1972 Gallimard
Les pierres du Chili 1972 Gallimardv Vaguedivague 1971 Gallimard
L’Espagne au coeur 1938 Denoël
Extrait de la chronologie d’Europe (1974) établi par Jorge Sanhuesa et publié dans le numéro : Ecrivains de langue espagnole, de mars-avril 1964.
« La terreur sanglante s’abat sur le Chili, tandis que les partis de gauche, la Centrale syndicale, le Congrès et les autres institutions constitutionnelles sont dissous, les universités militarisées, et les partis de droite eux-mêmes, suspendus. Le 24 septembre 1973, Pablo Neruda qui, depuis le 11, était en résidence surveillée et dont les maisons de Santiago et d’Isla Negra, avaient été plusieurs fois perquisitionnées et saccagées, meurt, dans sa soixante-dixième année. Officiellement d’un cancer. »

