Kateb Yacine
Nedjma ou l’Algérie d’hier, d’aujourd’hui et de demain
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jeudi 18 octobre 2007, par Amel

biographie de l’auteur :
Kateb Yacine est né en 1929 à Constantine, dans l’Est de l’Algérie. Il est issu d’une famille maraboutique berbère chaoui lettrée de l’Est algérien (Nadhor), appelée Kheltiya (ou Keblout), qui a été arabisée puis éparpillée sous la période coloniale. Son grand-père maternel est bach adel, juge suppléant du cadi, à Condé Smendou (Zirout Youcef), son père avocat, et la famille le suit dans ses successives mutations. Le jeune Kateb (nom qui signifie « écrivain ») entre en 1937 à l’école coranique de Sedrata, en 1938 à l’école française à Lafayette (Bougaa en basse Kabylie, actuelle wilaya de Sétif) où sa famille s’est installée, puis en 1941, comme interne, au collège colonial de Sétif.
Il a participé, lorsqu’il avait 15 ans (1945) à Sétif à la grande manifestation des musulmans qui protestent contre la situation inégale qui leur est faite. Kateb est alors arrêté et emprisonné quatre mois durant. Il ne peut reprendre ses études et se rend à Annaba, puis en France. De retour en Algérie, en 1948, il entre au quotidien Alger Républicain et y reste jusqu’en 1951. Il est alors docker, puis il revient en France où il exerce divers métiers, publie son premier roman et part à l’étranger (Italie, Tunisie, Belgique, Allemagne...). Ensuite, il poursuivra ses voyages avec les tournées de ses différents spectacles. Il est mort en 1989.
Des citations de Kateb Yacine :
« Ici (en Algérie) l’écrivain ne peut s’abstraire de la vie sociale. C’est radicalement impossible et je le défie de le faire à moins qu’il ne soit milliardaire. Nous vivons un combat. Nous ne sommes pas dans une Algérie idyllique, dans une Algérie de nos rêves. Nous sommes dans une Algérie qui est réelle et qui est invivable. Pour nous, il est vital de lutter. Ceci n’est pas un choix ou une vision purement intellectuelle, mais une lutte qui nous est imposée. » C’est ce qu’a déclaré Kateb Yacine à un universitaire oranais, en 1986.
« (…) ils veulent nous prendre notre pays. (…) Le seul Dieu que nous connaissons, On peut le voir et le toucher Je l’embrasse devant vous, La terre qui nous fait vivre, la terre libre d’Amazigh. » K. Yacine, L’oeuvre en fragments, Paris, Editions Sindbad, 1986, pp.428/429 .
« Ca fait rien C’est un Algérien Qui travaille beaucoup et qui mange rien (…) Un Algérien prolétarien qui souffre et qui dit rien. » K. Yacine, Le polygone étoilé, Paris, Editions du Seuil, 1966.
« Et, j’ai compris, à ce moment-là que si je voulais dominer cette situation, il fallait être le meilleur en français ; parce que c’était la seule manière d’éviter d’être en état d’infériorité, ce qui était notre sort en général dans toute notre vie. Puis, c’est devenu tout au long de ma vie un fil conducteur jusqu’au moment où la guerre ayant éclaté ma tâche à moi c’était de dire dans la langue française, dans une œuvre littéraire, de dire aux Français ce que c’était cette Algérie qu’ils niaient puisqu’ils disaient qu’elle était française. » K. Yacine, L’amour et la révolution, film de Kamel Dehane
« Quand on sait que le berbère est la langue de nos ancêtres et que moi je l’ignore en tant qu’écrivain. C’est tragique ! Il y a ceux qui n’ont pas encore compris cela, mais moi je l’ai compris ! » K. Yacine, L’amour et la révolution, film de Kamel Dehane

