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Le nif algérien

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samedi 15 décembre 2007, par Amel

Parler de l’algérien c’est indéniablement parler de son fameux nif qui revient dans toutes les discussions et dans toutes les occasions. Ce nif qui nous kiffe et nous rend spécial. Ce même nif qui nous rend plus distant vis-à-vis des autres- qui ne sont pas algériens-


En fait, ce sujet paraît tellement compliqué et difficile à expliquer que je ne sais qi j’arriverai à le cerner. Tout ce que je peux mentionner c’est les contextes où l’algérien fait sortir son arme fatale, ce nif qui tue et qui prend forme en une violence du verbe et du geste à l’égard de tout danger ou toute menace étrangère-et même de la part d’un autre algérien-

Ceci me rappelle bien un monologue de Fellag qui parle justement de l’orgueil algérien. Ça remonte, selon lui, à nos ancêtres berbères. Je ne sais pas pour nos ancêtres mais je sais qu’aujourd’hui ça peut poser des problèmes puisque ça nous bloque et ça nous rend plus sensible au dire des autres comme si tout le monde va nous attaquer. Ça nous rend aussi incapable de raisonner, et d’accepter les critiques des autres.

Combien de fois j’ai rencontré dans des situations que je qualifierai d’insolites des jeunes chômeurs qui refusaient de travailler comme receveurs dans les bus ou vendeurs dans des supermarchés. Ils ne peuvent pas accepter ces emplois, ils ont du nif !!!

Y a aussi une image qui reste marquée dans ma mémoire. Un jour, un jeune homme que j’ai surpris entrain d’avouer à son ami qu’il a frappé sa femme qui suite à ça a quitté la maison conjugale. Alors lui répétait à son ami qu’il n’ira jamais s’excuser auprès d’elle parce que son nif ne lui permettra pas un tel geste. Et le comble c’est que cet « ami » approuvait ses propos et l’encourageait à tenir bon et que s’il voulait une femme il n’a qu’à faire signe, il lui trouvera des dizaines pour le servir.

Marque d’orgueil excessif ou d’entêtement exagéré, il reste que ce nif nous marque mais ne nous spécifie pas parce qu’on n’est pas les seuls à s’en vanter. Mais il faut toutefois mettre des limites à cette qualité/défaut. Elle peut nous nuire et faire en sorte que nous n’arrivions pas à s’ouvrir sur l’autre, ainsi nos jugements seront fruit d’une subjectivité souvent trompeuse.



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