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Le suicide utile...

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mercredi 5 décembre 2007, par Yacine

Il s’en est allé, le visionnaire, Voir naître le soleil dans le ciel des prémonitions, À travers les nuages de l’imprévu et, à la nuit tombée, Contempler fleurir l’azur d’étoiles immobiles


Kama Sywor Kamanda, poète congolais d’origine égyptienne écrivait ceci :

Chants de Brumes :

Il s’en est allé, le visionnaire,

Voir naître le soleil dans le ciel des prémonitions,

À travers les nuages de l’imprévu et, à la nuit tombée,

Contempler fleurir l’azur d’étoiles immobiles

Plus immortelles que nos rêves.

Morne, vide et sans force, telle une feuille morte,

L’homme épris de liberté s’évanouit de bravoure

Dans un vertige des émotions,

Vers des lendemains sans peur,

Quand en s’enfonçant en quête de ses racines,

Il se perd dans l’entonnoir de la tornade !

Sans préavis, comme un insaisissable météore,

L’exil se réjouit de ses prétendants exaspérés.

Le migrant erre ainsi, loin des regards familiers,

Incertain et tremblant d’inquiétude,

Dans l’immense abîme sans fond

De l’angoisse sinistre du rituel des passions.

La peur l’étreint, l’espoir le torture

Et son esprit tourbillonne sans fin

Dans la langueur, l’ennui et la révolte,

Vers l’aurore d’un monde inaccessible.

Ses yeux tournés vers l’horizon des remords,

Ses souvenirs se perdent dans la mémoire des sables

Que les typhons confidents charrient

Sur la longue échine de l’humanité

Et révèlent dans l’essaim des songes se mouvant

Dans les plis des destinées des croyances trahies,

Des aspirations inassouvies

Et la solitude impalpable du martyre.

Avec ses mots d’une violence extrêmes, Kamanda, nous donne à sa manière les réponses à nos questions.

Mais pourquoi les algériens fuient-ils leur pays ? Pourquoi cet exil pour se retrouver pour la plupart errant aux quatre coins du monde alors que pour d’autres avoir une nation, un drapeau, un hymne est devenu un espoir irréalisable.

L’algérien un étranger d’ici et d’ailleurs.

10 années de cauchemar, 10 années de viols, 10 années de meurtres d’assassinats, 10 années de disparition. Le peuple algérien endure la misère économique, sur trente millions d’habitants, douze vivent en dessous du seuil de pauvreté soit moins d’un dollar par jour. La culture de la corruption s’est imposée au fil des années. L’échec scolaire massif, l’arabisation bâclée et ratée, l’étouffement de la culture berbère ont produit une génération d’"analphabètes trilingues“.

Aujourd’hui l’Algérie est devenue une société en mal être total, conflits familiaux, suicides, drogues, mendicité, prostitution, crime et violence sociale pousse inexorablement les personnes encore valident à fuir le pays et, pour la majorité d’entre eux, un aller sans retour.

Vivre ailleurs sous de meilleurs hospices, vivre pauvre chez les autres, vivre avec un espoir, vivre libre ou mourir. L’Algérie où la mort à plusieurs visages, elle peut être économique, intellectuelle, sociale, mort de l’envie de vivre… « Khlas elgusto »


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