Rachid Mimouni
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vendredi 23 novembre 2007, par Amel

Biographie de l’auteur :
Originaire d’une famille de paysans pauvres, il part à Alger faire ses études supérieures et passe une licence de chimie en 1968. Assistant de recherche à l’Institut National de la Production et du Développement Industriel, il obtient une bourse et part au Canada où il termine son ’post-graduate degree’. Il revient ensuite en France pour enseigner, notamment à l’Ecole Supérieure du Commerce à partir de 1990. Mais Rachid Mimouni est un auteur précoce et sa seule préoccupation devient rapidement l’écriture. Il est aussi membre du Conseil de la Culture et a également occupé le poste de vice-président d’Amnesty International, luttant contre les intégrismes. Il sera d’ailleurs menacé de mort plusieurs fois. En 1995, il surprend malheureusement tout le monde : admis en janvier à l’hôpital Cochin, il n’avait jusqu’à présent révélé sa maladie à personne. Il est mort loin des siens et de l’Algérie, laissant un dernier témoignage, ’La malédiction’.
Des citations de Rachid Mimouni :
« Ce qui reste de la France en Algérie ? D’abord quelques faits historiques qui ont durablement marqué la conscience collective. Il y eut d’abord le choc du débarquement, en 1830, lorsque les tribus algériennes, qui sommeillaient derrière le bras fallacieusement protecteur de la Sublime Porte, durent se réveiller pour affronter l’une des plus formidables armées du monde, encadrée par un corps d’officiers parfaitement aguerris par les campagnes napoléoniennes. On n’allait pas non plus oublier la férocité de la conquête qui dura plus de vingt ans, avec les exécutions collectives, les enfumades de réfugiés dans les grottes, les incendies des champs de blé et l’abattage systématique des troupeaux de bétail. »
Rachid Mimouni - in L’Histoire - janvier 1991
« En Algérie, on donne aussi du « cher peuple » dans les discours officiels. Mais lorsqu’on est entre soi, c’est « fils de pute ! ». Le peuple, on l’aime en tant que concept, abstraction. Dans la réalité, on le méprise. Les sentiments réels qu’on nourrit à son égard sont bien sûr soigneusement dissimulés, mais il arrive qu’ils éclatent devant tout le monde. Un jour, un assistant à une réunion de cadres, j’ai vu un très haut dirigeant du F.L.N. congédier un factotum venu lui glisser quelques mots à l’oreille en le traitant de « chien ». Ce n’est pas « fils de pute » mais on n’en est pas loin. Le même dirigeant, l’instant d’avant, tenait un discours enflammé sur le socialisme avec de belles phrases sur le peuple. »
R. Mimouni, Tombéza, Paris, Editions Laffont, 1984.
« Si je quitte l’Algérie, je perds mes sources de vie, je ne pourrai plus écrire ».

